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ENTREVISTA / INTERVIEW - Arnaud Perrin |
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Venise touche à l’âme |
Venecia toca el alma |
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Photo : Arnaud Perrin |
Ici nous présentons un interview à ce grand photographe et directeur de communication du magazine de la Ville de Longjumeau, Arnaud Perrin.
La photographie pour Arnaud Perrin dépasse l'intention d'exhiber, c'est un plaisir, un espace personnel à travers lequel il reconnaît ses paysages intérieurs; indiscutablement sensibles, pleins de talent, qui lui accordent la catégorie d'un grand artiste.
Depuis quand est tu photographe ? Comment as-tu commencé ?
Gamin, mon père avait un reflex 24x26, un Canon FTb avec lequel il faisait les photos de famille. Au fil du temps, il a délaissé l’appareil et je l’ai récupéré. Adolescent, je me suis amusé avec et j’ai découvert la photo noir et blanc. Paris était un magnifique terrain de jeu.
En parallèle, j’ai commencé à faire des reportages pour illustrer des campagnes électorales. C’était pratique pour moi : je pouvais faire des pellicules sans avoir à les payer, ni le développement. Ca m’a permis de faire mes armes.
Mon premier appareil s’est enrayé. Je n’avais pas les moyens d’en acheter un nouveau, et j’ai oublié la photo quelques années. Avec la monté en qualité des appareils numériques, j’y suis revenu, sans retrouver le plaisir de créer complètement une image comme je pouvais le faire avec le Canon FTb, et sans le geste. Quand les premiers reflex numériques grand public sont sortis, je me suis rué dessus et j’ai retrouvé le plaisir de photographier. |
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Aquí presentamos una entrevista a este gran fotógrafo y director de comunicación de la revista de la Ciudad de Longjumeau, Arnaud Perrin.
La fotografía para Arnaud Perrin sobrepasa la intención de exhibir, es un placer, un espacio personal a través del cual reconoce sus paisajes interiores; indudablemente sensibles, llenos de talento, que le conceden la categoría de un gran artista.
¿Desde cuándo es fotógrafo? ¿Cómo comensaste?
De niño, mi padre tenía una réflex 24x26, Canon FTb con la cual hacía las fotografías familiares. Con el transcurso del tiempo, olvidé el aparato y luego lo recuperé. De adolescente, me divertí con la cámara y descubrí la fotografía blanco y negro. París era un espléndido terreno de juego. Paralelamente, comencé a hacer reportajes para ilustrar campañas electorales. Era práctico para mi: podía tener películas sin tener que pagarlas, tampoco el revelado. Eso me permitió equiparme. Mi primer aparato se rayó. No tenía los medios de comprar uno nuevo, y dejé la fotografía por algunos años. Con la llegada de los aparatos numéricos, regresé, sin encontrar el placer de crear completamente una imagen como podía hacerlo con la Canon FTb, y sin el gesto. Cuando aparecieron las primeras reflex numéricas, le lancé calle arriba y me reencontré con el placer de fotografiar.
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Y-a-il un déclencheur particulier qui marque une différence ?
J’avais à côté de chez moi le Parc de Sceaux. J’y suis souvent allé pour m’entrainer à la photo. Et mes sujets ont rapidement été les statues qui s’y trouvent. Elles n’ont rien que de très classiques mais une statue à l’avantage d’être un sujet statique, autour duquel on peut tourner sans qu’il ne se lasse ! Rapidement, je me suis amusé à donner vie à ces œuvres. Un même personnage peut être, selon l’angle de vue, bourreau ou victime. C’est tout la subjectivité de la photo. Depuis, les statues sont très présentes dans mes reportages, indépendamment de la qualité initiale, plus par le point de vue que je peux imposer.
Comment peux-tu décrire le plaisir de photographier ?
Une photo, c’est un point de vu subjectif d’un moment. Prendre un batiment sous un angle particulier. Choisir d’intégrer dans une image un élément ou de le couper. Définir une exposition qui révèle ou au contraire cache. Imposer une netteté en travaillant sur une faible profondeur de champs. Tous ces choix sont les moyens dont nous disposons pour imposer notre point de vue.
Prendre une photographie, c’est un moment très personnel. Le contact du viseur sur l’œil créer entre le photographe et son appareil un petit cocon exclusif, très intime. On se retrouve seul dans sa décision, tout le reste disparait, personne ne peut juger ou commander dans ces moments là. C’est pour cela que, pour moi, la photo passe obligatoirement par un viseur, et pas un écran arrière. Le viseur est le prolongement de l’œil et de l’esprit.
Ensuite, la photo vie sa vie. Certaines se révèlent plus ou moins fortement. J’ai souvent besoin de laisser du temps entre la prise de vue et le choix d’une photo, pour qu’elle se détache du moment qui m’est propre pour vivre seule. |
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¿Hay un desencadenante particular que señala una diferencia?
Tenía junto a mi casa el "Parc de Sceaux". Fui allí a menudo para entrenarme en la fotografía. Y mis temas fueron inmediátamente las estatuas que se encontraban ahí. Eran muy clásicas, pero una estatua tiene la ventaja de ser un tema estático, sobre el cual uno puede dar vueltas sin cansarse Rápidamente, me dediqué a dar vida a estas obras. Un mismo personaje puede ser, según el ángulo, verdugo o víctima. Es la subjetividad que ofrece la fotografía. Desde entonces, las estatuas están muy presentes en mis reportajes, independientemente de la calidad inicial, más que nada por el punto de vista que puedo imponer.
¿Cómo puedes describir el placer de fotografiar?
Una fotografía, es el punto de vista subjetivo de un momento determinado. Captar un edificio desde un ángulo particular. Elegir integrar en una imagen un elemento o de recortarlo. Definir una exposición que revela, o al contrario, oculta. Imponer claridad trabajando con una baja profundidad de campo. Todas estas elecciones son los medios de los que disponemos para ofrecer nuestro punto de vista. Tomar una fotografía, es un hecho muy personal. El contacto del visor con el ojo, crea entre el fotógrafo y la cámara fotográfica un pequeño capullo de exclusividad, muy íntimo. Uno se encuentra sólo frente a su propia decisión, todo lo demás desaparece, nadie puede juzgar ni controlar allí en ese momento. Es por eso que, para mi, la fotografía pasa, obligatoriamente, por un visor, y no hay una pantalla detrás. El visor es la prolongación del ojo y el espíritu. Después, la foto vive su propia vida. Algunas se revelan con más o menos fuerza. A menudo dejo un tiempo entre la toma y la elección de una fotografía, para que se aleje del momento que sucedió, y pueda vivir por si misma.
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Pourquoi Venise ?
Comme beaucoup, j’avais entendu parlé de Venise par des visiteurs sous le charme. En 2007, j’ai fait un tour d’Europe « Express » en train : 4 villes en une semaine avec liaison en train de nuit. Venise était la première étape avant Budapest, Prague et Amsterdam, d’autres cités dont j’avais entendu parler.
Et je suis tombé sous le charme absolu d’une ville qui est tellement au dessus de tout ce que l’on peut dire. Comme pour la photo, c’est une ville très personnelle. Prenez une ruelle, sortez des grands axes, tournez au coin d’une église, perdez-vous dans un passage, et la ville se révèlera à vous. Les possibilités sont illimitées. Chaque visite est unique si on la fait seule. Et passer dans une ruelle un matin sera totalement différent d’un soir, un jour de soleil différent d’un jour de pluie. Chaque visiteur peut, plus que nulle part ailleurs, se créer sa ville personnelle. Photographier ce passage, c’est garder une trace de ces découvertes et essayer de les faire partager.
Quels sont tes plans avec cette collection de Venise ?
Tout ce qui peut faire partager ce que j’ai vu me fait plaisir. Mais je fais avant tout des photos pour moi. Je serais ravi de partager ces moments, de recueillir les impressions de « visiteurs » qui seraient sensibles à ces vues.
Rassembler dans un livre, construire une exposition… Tout cela me ravirait, même si le plus dur dans ces projets reste le choix. Demande-t-on de choisir entre ses enfants ? |
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¿Por qué Venecia?
Como muchos, había oído hablar del encanto de Venecia. En 2007, hice un tour de Europa “Express” en tren: 4 ciudades en una semana con conexión en tren de noche. Venecia era la primera etapa antes de Budapest, Praga y Amsterdam, y otras de las que había escuchado hablar. Y caí bajo el encanto absoluto de una ciudad, más allá de todo lo que se pueda decir. Como para la fotografía, es una ciudad muy personal. Uno toma una callejuela salida de los grandes ejes, da vuelta a la esquina de una iglesia, luego se pierde en un pasaje y la ciudad se revela ante uno. Las posibilidades son ilimitadas. Cada visita es única si se la hace única. Y pasar por una callejuela de mañana será completamente diferente que de noche, un día de sol diferente de un dia de lluvia. Cada visitante puede, más que en ninguna otra parte, crearse su ciudad personal. Fotografiar este paseo, es guardar un rastro de estos descubrimientos e intentar compartirlos.
¿Cuáles son tus planes con esta colección de Venecia?
Todo lo que se puede compartir de lo que vi me da placer. Pero hago sobre todo fotografías para mi mismo. Estaría encantado de compartir estos momentos, de recoger las impresiones de los “visitantes” que serían sensibles a estas vistas. Reunirlas en un libro, armar una exposición… Todo eso me encantaría, aunque lo más duro en estos proyectos sigue siendo la elección. ¿Uno se pregunta, qué hijo elegir entre todos?
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Fais-tu tout spontanément ou y-a-t’il une certaine inspiration spéciale ?
Parfois, je me lance des défis, des exercices de style : tel angle, tel sujet, tel traitement.
Mais principalement, c’est de la spontanéité. Une photo, c’est un moment, une scène, un éclairage, une ambiance, un sentiment… Elle est souvent unique et fige le témoignage de ce temps.
Qu’y-a-t’il dans tes photos de Venise qui vont au-delà de Venise ?
Venise touche à l’âme. Le point de vue qu’on en offre dévoile un peu de celle-ci. Il y a donc plus que Venise dans mes photos, il y a beaucoup de moi. Chacune des mes visites dans la sérénissime ont été solitaires. Je n’avais pas à m’occuper d’accompagnant ou des autres. J’étais donc plus que jamais en disposition pour me révéler. Pas de commande non plus que ma seule envie. Cette liberté est précieuse et je suis certain que je ne révélerais pas la même chose si le seul moteur de ma présence alors n’était uniquement mon envie.
Trois sentiments qui ont toujours été présents dans ton plaisir de photographier…
La liberté. Celle de choisir de déclencher ou non.
La subjectivité, l’envie de conserver un point du vue au sens propre.
La création, le moteur qui me permet d’oser une vue originale et le bonheur d’en sortir quelque chose. |
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¿Haces todo espontáneamente o existe cierta inspiración especial?
A veces, me lanzo a los desafíos, ejercicios de estilo: tal ángulo, tal tema, tal tratamiento. Pero, principalmente, es espontaneidad. Una fotografía, es un momento, una escena, un alumbrado, un ambiente, un sentimiento… Es a menudo única y solidifica el testimonio de ese momento.
¿Que hay en tus fotos de Venecia que va más allá de Venecia?
Venecia toca al alma. El punto de vista que se ofrece revela un poco de ésta. Hay pues más que Venecia en mis fotografías, hay mucho de mi mismo. Cada una de mis visitas en la sérénissime fue solitaria. No tenía que ocuparme de acompañantes o de ningún otro. Estaba más que nunca a disposición de revelarme a mi mismo. Tampoco lo hacía sobre pedido, estaba sólo frente a mi deseo. Esta libertad es preciosa y estoy seguro que no revelaría la misma cosa si el único motor de mi presencia entonces no fuera solamente mi deseo .
Tres sentimientos que todavía han estado presentes en tu placer de fotografiar…
La libertad. La de elegir de disparar o no hacerlo.
La subjetividad, el deseo de conservar un punto de vista con un sentido propio. La creación, el motor que me permite atreverme a una toma original y la felicidad de obtener algo de eso |
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