Quelques uns de mes souvenirs du quartier Trinidad sentent l'eau croupie.
.Peut être à cause des effluves de mon cerveau ou des bains déversés par la tannerie de David Salomin. Je me souviens des grands bois de ce pays dépeuplé. êtres silencieux et dénudés qui entremêlaient leur frondaison aux nuages du ciel.
Comment oublier le soleil qui réchauffait les épaules des croyants pécheurs?
Ames huileuses, serrées comme des sardines dans la baraque d'un temple évangélique.
Il n'existait pas de calme plus profond. Les pierres, elles mêmes, dormaient!
.Dans ce lieu nous jouions jusqu'au moment où les ombres de la nuit nous obligeaient à rentrer. J'avais entre quatre et huit ans, j'appartenais à une famille d'épopées et de demeures ceintes par d'interminables corridors, là en cette terre d'austère élégance, là où le temps s'écoulait doucement et imperceptiblement, nous apprîmes à vivre avec des voyageurs, des nomades ou peut être simplement des gens perdus, nouveaux venus dont les manières les excluaient pour toujours des préférences de notre famille.
Cette caste était le résultat de la chaleur et de la solitude vécues par les jésuites et leurs indiennes. On n'était jamais parvenu à les assimiler complètement. Les gringos (fils de hyènes blondes et de moustiques suburbains) nous appelaient les paraguayens, et eux les appelait, "les cours secs" car ils ne les croyaient pas capables de transcendance au-delà de l'enveloppe terrestre. Nous, on les appelait simplement "les égarés". Leurs pères jouissaient d'un statut incertain, leurs mères étaient des femelles nourricières à l'odeur intense de plantes médicinales. J'étais bien petit pour comprendre la solitude que ces femmes avaient du éprouver.
Les égarés
Les voyageurs égarés étaient nos nombreux pauvres, si nombreux. Ils se débrouillaient pour vivre, sans éprouver le besoin de s'alimenter quotidiennement.
Ces gens à la pensée vide, au regard anxieux, tentaient de profiter de toutes les occasions pour s'en remettre au destin et voyager sans but. Quelqu'un certainement allait les accepter ou tout au moins croire qu'il ne fallait pas craindre leurs accents carnassiers.
Ceux qui vivaient sur l'une des collines d'Asuncion, s'ingéniaient à faire le commerce des oranges apportées par les trains de la Cordillère.
L'express qui roulait des heures durant, traversant des terres vierges, faisait escale devant la maison, à Trinidad.
Là on nettoyait les wagons pendant que les voyageurs fatigués descendaient du train pour s'offrir des saucisses et du tereré.
Quelques fois on pouvait entendre les locomotives à vapeur, sifflant des mélodies, espérant qu'un jour quelqu'un reconnaisse leurs efforts. Le rythme musical des machines inspirait les égarés qui urinaient en cadence sur les murs de la gare, rongeant ainsi la peinture à la chaux.
L'aspect altier de ces pisseurs me fascinait, j'étais attiré par leur peau café au lait et leur chevelure en forme de pain tressé.
II
Un jour et avec une certaine pompe, mon père annonçât que mon petit frère et moi, aurions une gouvernante, une "égarée" appelée mademoiselle Faustina. On disait qu'elle avait un mari qui n'avait jamais été son époux, .un machiniste qui mourut d'un cour fragile et de l'impétuosité des dix sept ans de Faustina.
Elle ne disposait ni de revenus ni de foyer, mais en échange elle arborait des yeux noisette et une peau d'ambre.
Lorsque mon père tombât sur mademoiselle Faustina, il la prit en pitié et lui offrit un emploi parmi nous, ce qui était assez curieux, puisque jusqu'à lors nous nous étions très bien débrouillés sans gouvernante. Tout d'abord ma mère et ma grand-mère se montrèrent réticentes, mais finalement elles firent une concession devant ce qu'elles appelaient le cour tendre de mon père; celui-ci prêtait une attention toute particulière à Faustina, au point de l'entraîner dans son lit lorsque ma mère et ma grand-mère Cornelia voyageaient à Arroyos et Esteros.
A cette époque, mon père, Francisco, Felix, Teodoro Valdovinos, était déjà Directeur des Finances du Ministère de l'Economie. Il était très aimable, parlait d'une voix douce sans pose prétentieuse sous son uniforme amidonné. Ses deux qualités les plus remarquables, tant à la maison comme au bureau, étaient la compassion et la distraction.
III
En réponse à la trop grande sociabilité de Francisco, Felix, Teodoro, ma mère avait pris l'habitude de décrocher le téléphone durant la nuit afin de dormir sans être dérangée. Peine perdue, apparaissait toujours quelqu'un frappant à la porte. Entrebâillant celle-ci, on découvrait le visage anxieux et suppliant d'une femme angoissée de ne pouvoir parvenir au sommeil.
Papa acceptait toujours ces requêtes nocturnes et avec le temps, je pense que beaucoup dans le quartier finirent par croire que de l'avoir à leur côté , prenant leur main, s'asseyant sur leur lit, était suffisant pour voir leur fièvre céder.
Lui-même, croyait intensément en ces mesures (tout comme j'y crois moi-même, maintenant). Il possédait un regard magnétique empreint de passion 'Cerrista'. C'était un don naturel, mais sans aucun doute il avait cultivé ses manières pour être au côté de son prochain.
De telle sorte que ce ne fût pas une surprise pour ma mère de voir Francisco Félix être attendri par mademoiselle Faustina. Son unique exigence envers elle se limitait à ce qu'elle s'abstienne de pâte de goyave, friandise que ma grand mère chicanait tant, et qu'elle ne cuisine pas à la graisse de porc. En outre on attendait de la gouvernante qui n'avait pratiquement rien à faire avec deux enfants, qu'elle aide en cuisine. Elle aiderait à gaver la dinde de Noêl de liqueur d'orange.
Grand Mère se chargerait d'égorger l'animal, Faustina recueillerait le sang aromatisé et le ferrait bouillir avec des fruits confits. Encore aujourd'hui, je crois que le respect que m'inspirait Cornelia tenait de sa maestria à tuer la dinde.
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"La Prometida 1 " -(notre grande maison coloniale portugaise) avait un goût de sauce de tamarindo et des airs de sud-est asiatique; A l'origine, avait'été prévu des chambres séparées pour les domestiques, ce que nous appelions le "pigeonnier". Peu après, mademoiselle Faustina rejoint le personnel qui l'habitait déjà. Je me souviens de ma grand-mère justifiant son silence en disant . "c'est le chant des oiseaux qui laisse les enfants du pigeonnier sans voix".
Faustina nous était reconnaissante de l'accepter dans nos jeux. Nous étions habitués aux persécutions solitaires, entre les draps qui séchaient au soleil. Maintenant à trois, nous formions immédiatement un trio, et sans le savoir nous nous débattions entre le plaisir de profiter du train-train de nos jeux enfantins, ou des longues jambes de la jeune veuve.
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Peu de temps s'écoulât avant que mademoiselle Faustina ne nous fasse la surprise d'un fiancé. Son nom était monsieur Florencio Gomez. (que sa mère soit maudite). C'était un créole qui n'avait pas de travail ni aucun moyen de subsistance, il possédait seulement notre demoiselle.
Florencio Gomez se présenta un matin tôt, ma grand-mère le reçut, assise dans sa chaise à bascule, sans le laisser franchir le pas de la porte. Il n'avait pas plus de quarante ans ni moins de cinquante, quelques légères rides griffaient ses yeux, sa taille était suffisante pour dissimuler sa calvitie. Comme je l'entendis dire à ma grand mère, Gomez regardait droit dans les yeux sans dissimulation avec quelque chose d'irrespectueux ou d'éternel adolescent.
Les familles évangélisées comme la nôtre, ignorions tout des amours illicites.
Ma grand-mère et ma mère commencèrent par se méfier du jeune couple. Mon père respira profondément et considera que cela ne valait même pas la peine d'en parler; mais mon frére agé de dix ans, et moi, si"nous sentîmes tout d'abord abandonnés par Faustina, nous fûmes ensuite conquis par cet homme, que nous commencions à appeler "parrain"; il nous expliquait comment on voit la terre de la lune, et ce que l'on ressent en pédalant dans l'espace obscur, frais et silencieux, en voyage vers Pluton.
IV
Le parrain ne pouvait dissimuler sa nature artistique, ses mains modelaient l'air et les pierres; Il sculptait le bois tropical comme du chocolat fondant entre les doigts; Il avait la capacité de faire apparaître des traits incroyablement doux dans des visages amers. Sont conservés à la maison deux bustes reconnaissables à leurs lignes féminines; les femmes tout d'un coup commencèrent à le traiter avec amabilité et tolérance, envoûtées par le son de sa clarinette. Mais surtout le parrain parlait de velours comme s'il chantait des boléros. c'était un grand hypnotiseur. Il s'asseyait chaque soir avec un verre de rhum à la main et nous faisait revivre ses pérégrinations, longues et désespérantes. J'aurais aimé me souvenir des détails, seule sa conviction m'est restée.
Il savait tout faire, nous glisser au cinéma sans payer comme nous faire comprendre les différences entre insectes mâles et insectes femelles. (Aujourd'hui encore je ne peux penser aux femmes sans l'avoir à l'esprit).
Il avait toujours du temps pour nous, néanmoins, ce mage disparaissait complètement pendant de longues périodes. Personne ne paraissait savoir où il allait ni quand il reviendrait; plus tard les adultes découvrirent qu'il était en train de monter une loge.
Après l'un de ces voyages, lorsque nous apprîmes ses agissements, nous lui avons demandé ce qu'était un "franc maçonnier"."un franc maçon" répondit- il, c'est quelqu'un qui engrange de la respectabilité, c'est quelqu'un qui croit en l'égalité et en la fraternité. Alors je lui demandais s'il était l'un d'entre eux.
- Ma principale caractéristique c'est d'être un athée fornicateur .
Cela nous laissa indifférents jusqu'à ce qu'il nous explique qu'un athée c'est quelqu'un qui ne croit pas en Dieu. Nous nous sentîmes offensés. Ne pas croire en la Vierge de Caacupé? Sans perdre un instant nous sommes allés le rapporter aux deux matrones de la maison.
Après le bénédicité, ma mère prit la décision d'insinuer avec courtoisie à Faustina de rechercher quelqu'un d'autre avec qui "partager" sa vie. Le consommé brûla le palais de ma grand mère qui cria. à la porte!
V (L'exil)
On nous ordonna de condamner notre porte et ne plus le revoir. Bien que personne ne doutait de sa capacité à sauter comme un tigre afin d'escalader les trois mètres de muraille .A deux heures de l'après midi, les jours pairs, pour nicher ses oufs dans le lit de Faustina. (disait ma mère).
Les après midi, nous restions consignés avec ma grand mère, ses histoires du Kurupi et de Yacyyateré, n'avaient rien à voir avec ses petites manières à la française. Je dois reconnaître que ce n'était pas des histoires ennuyeuses, elles recelaient un certain mystère. Leurs morales étaient faciles'à comprendre et restaient gravées pour toujours dans notre mémoire. Ce qui est le plus remarquable, expliquait grand-mère, c'est que sont les personnes les plus vulgaires qui possèdent les pouvoirs les plus incroyables.
Un enfant de huit ans pouvait il comprendre l'importance de ces histoires ou lire dans la pensée des gens comme le faisait le Yacyyateré? Ma mère répondait que oui. Les enfants qui ont la foi peuvent le faire et plus encore. Un jour nous aussi nous sentirions cette foi. Elle ne nous expliqua jamais comment y parvenir. J'imagine que la foi ne suffisait pas, car elle-même, croyante endurcie, ne réussissait pas à maigrir alors que nous le lui demandions toute la journée.
Pablo, mon frère de dix ans demeura très impressionné par toutes ces histoires. Grand-mère Cordelia ne lui aurait jamais raconté les détails que finit par lui retracer Faustina une après midi pluvieuse dans le "Pigeonnier". Comme toutes ces histoires, l'histoire épique de Kurupi était très connue mais Pablo ignorait qu'auparavant, Faustina avait été possédée par le seigneur de l'ombre sur les pierres chaudes du torrent de Piribebuy. Il demeura encore plus frappé lorsqu'il vit une illustration sur laquelle Kurupi exhibait avec orgueil son long pénis enroulé dans sa ceinture. A ce moment précis Faustina cessa d'être l'ange de la sieste pour devenir "la déesse du Pigeonnier";
L'histoire qui impressionna tant Pablo avait un lien qu'on le veuille ou non, avec l'intérêt que suscitait Faustina chez les hommes de la maison.
.Elle lui fit comprendre les vices des jeunes veuves.
-Mon petit bonhomme! n'ai pas peur, ce n'était pas le Kurupi . mais ces garçons qui mouillent les murs de la gare.
(Dit-elle en murmurant sur le ton de la confession, tâchant de calmer le trouble de mon frère).
VI
Les portes de la "Prometida" se fermaient hermétiquement, créant un vide hors du temps dans les corridors qui entouraient ses habitants; Personne ne pouvait pénétrer dans ce refuge des dieux et des gens ordinaires. Il semblait que tant que durerait le froid, durerait l'absence du parrain, ma grand-mère n'eut pas besoin de me rappeler de l'oublier. Ma propre crainte m'avait éloigné de lui, je n'aurai pu le regarder dans les yeux et souhaitais l'éviter.
Néanmoins, un jour alors que je l'avais en mémoire, je l'aperçus dans un patio voisin, assis sur un cylindre de guayacàn, le regard traversant l'intimité de ma maison.
-Où étais tu passé? me demanda t il sans forcer sa voix tout en caressant la tête de son pékinois au palais noir et aux longues moustaches. Tu m'as manqué!!
J'ai beaucoup d'histoires à te raconter! n'est ce pas Pu-Yi? l'animal ferma les yeux avec indifférence et grogna d'un ton de désapprobation.
-J'étais occupé- murmurais je.
-Des affaires? dit le parrain d'une voix comique, Le petit a grandit!
En l'écoutant je me sentais mieux. J'aimais le parrain. L'idée qu'il fût athée me terrorisait mais à part cela tout allait bien.
-Tu plaisantais, n'est ce pas, lorsque tu disais que tu étais athée? lui ai je demandé. A cette époque, les missionnaires chrétiens de l'Eglise de Jésus Christ des Dernières Semaines, qui administraient notre denier du culte, nous avaient appris que l'athéisme était synonyme de communisme et qu'il représentait le mal absolu. On les appelaient les "sangsues" ainsi leur relation avec le sang ne permettait aucun doute.
-Pas du tout! (répondit le parrain avec froideur) je crois en ce que je crois! .et pas dans le curé qui prend le thé avec ta grand-mère le samedi après midi . je ne te demande pas d'accepter mon opinion. Il n'y a aucune raison. Mais tu ne dois pas non plus écouter ces idiots de prédicateurs du salut éternel.
C'était logique et possédait l'attrait du péché. Dieu merci personne ne l'avait entendu.
-Et alors que se passe t il lorsque l'on meurt? lui ai je demandé. Où va -t -on?
-Nulle part . tu crois peut être que je suis mort? Dit-il sans conviction.
-Non, je ne crois pas que tu sois mort.
Ta vie est à toi et tu pourra en faire ce que tu voudras, ta mort ne t'appartiendra pas. mais tu as le droit à la foi. Je suis sur que tu seras heureux avec ceux que tu aimeras!
VII
A la différence du parrain, ma réalité semblait avoir l'avantage de ne pas avoir été contaminée. Je ne veux pas dire que la seule réalité non contaminée était celle des enfants, mais dans mon cas je ne pouvais plus rien faire pour purifier mes pensées, pire encore, j'avais mal au ventre lorsque je pensais'à Faustina, outragée par l'ironie de Florencio Gomez que j'avais entendu dire. "ce que j'aime le plus c'est lécher son corps après l'avoir inondée de rhum!"
Il ne me servait à rien de me souvenir des conseils des adultes pour atteindre l'age adulte. Moi j'étais déjà un adulte ou sinon comment aurai- je pu m'expliquer que les précieuse descriptions du parrain pour dépeindre son amour m'intéressaient autant; Comment être indifférent à ses seins lorsque le Parrain me disait qu'ils étaient plus beaux que les collines de Paraguari? Je ne me lassais pas de l'espionner pendant ses bains au coucher du soleil, au milieu du patio de service. seule sous la lune qui argentait ses formes dures.
J'aimais la petite veuve (comme la dénommait ma grand-mère) et je détestais entendre le parrain avec son haleine de rhum bon marché dire:
- Faustina me désire à la folie! et plus encore que le curé qui rend visite à ta grand mère!
Elle-même s'est agenouillée pour me le confesser.; Florencio Gomez est cent fois plus viril que toi".
Parvenus dans les tréfonds de la maison, dans la petite chambre de Faustina, Florencio Gomez m'expliqua les rituels de cette femme si proche de notre famille, je ne concevais pas qu'il puisse s'agir de la même personne.
Car il paraissait possédé lorsqu'il parlait d'elle, alors il sortit une moustiquaire d'un coin où il y avait une jarre et me montra une sculpture à la forme prononcée du péché.
C'est un nez, .c'est mon nez! dit il avec orgueil. c'est le merveilleux travail réalisé par les mains de Faustina.
J'étais jeune et n'avais jamais rien vu de semblable, je me sentis alangui et avec des ardeurs qui m'obligèrent à lui confesser.
- Moi aussi je la désire (cela jaillit de mon âme comme du vomi libératoire).
- Quoi, quoi?
- Moi aussi je la désire!
- Tu es trop petit pour désirer de cette façon. cela peut te faire du mal!
Ignorant ses conseils, je lui dis:
-Je veux la regarder dans les yeux pendant des siècles. Je veux mordre doucement ses lèvres et serrer ses mains fraîches, sous la couleur des lumières de sa splendeur!
Le parrain sembla contrarié et me récita quelques vers anglo-saxons.
Je t'ai vu une fois,seulement une fois, il y a des années : combien je ne peux le dire. mais pas beaucoup.;
- Tu es fou, mon petit!
VIII
Riz au lait, je veux me marier.; avec une demoiselle de Saint Nicolas.
Qui sache coudre, qui sache broder, qui sache ouvrir la porte pour aller à jouer. avec celle-ci oui, avec celle là non, avec cette demoiselle je me marrie.
IX
Une fois que l'on tient un angle nouveau il est difficile de faire marche arrière. Les choses que je voyais autour de moi, tout comme mon intérêt pour l'art, m'ont confirmé alors et de façon absolue que mon incrédulité était la meilleure façon de conserver intact mon sens de l'humour. peut être qu'un jour, quelqu'un pourra m'expliquer pourquoi le parrain volait les chemises de mon père, et pourquoi il a extrait une perle de la couronne de la vénérable image de la Vierge du Rosaire. Peut être qu'un jour nous pourrons soumettre des femmes comme Faustina, nous croyons être les maîtres mais la réalité est toute autre.
La demoiselle ne vécut pas toujours avec nous. Un jour elle reçut une lettre qui l'avertissait que sa soeur aînée était tombée très malade et qu'elle vomissait des discours prosélitistes en continu.
On la transporta au numéro 666 de Ita Pyta Punta, où un groupe d'ingénieurs l'examinèrent.
Il lui firent un test d'urine, il fût libéral. mais qui avait pu l'engrosser?
Jusqu'alors mon père s'était opposé aux suggestions de ma mère et de ma grand-mère, pour que nos "voyageurs égarés" recherchent un autre endroit pour vivre. Maintenant il ne lui restait plus d'alternative.
Nous ne les revîmes jamais, bien que quelques années plus tard, j'entendis dire vaguement que le parrain travaillait comme vendeur ambulant. Je le détestais pendant un certain temps, mais lorsqu'il disparut au coin de la rue, l'angoisse de l'avoir perdu me saisit. Tout en étant un athée sans vergogne, il avait été mon premier maître. Il me montra sans aucun doute le chemin sur lequel je transiterais puisque lui et moi formions deux droites parallèles qui à la fin s'unirait dans l'infini, lieu où nous confirmerions être la même personne. |